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Colloque 2015

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Les peurs sont devenues dans nos sociétés démocratiques pratiquement une idéologie, nous avons peur de tout, des OGM à l’effet de serre, des drogues aux nanotechnologies,... Ces peurs peuvent devenir un obstacle à la sagesse. Le souci de l’environnement est légitime, mais le catastrophisme est une peur de vivre.

Protéger la nature et protéger la diversité suppose, au contraire, une confiance accrue dans le progrès de l’humanité. L’écologie peut être de raison ou de dogme, l’une étudie les dégâts engendrés à la nature et la manière d’y remédier, l’autre développe un sentiment de culpabilité. Une écologie de type humaniste devrait parier sur l’intelligence humaine et sur la recherche scientifique, pouvant nous amener à une meilleure production agricole, à un renouvellement des sources d’énergie, à des technologies plus propres, à de nouveaux médicaments.

Si nous voulons défendre l’environnement de l’espèce humaine, et sa survie, mieux vaut viser sur cette science que sur une sacralisation de la nature: cette sacralisation, accompagnée de peurs et d’anxiétés, finit par considérer les sciences comme maléfiques et reprend l’idéologie de l’écologie profonde. « Un retour à la nature » n’est qu’une manipulation. La décroissance n’est également pas tenable, puisque les peuples que nous avons colonisés et exploités désirent également se développer (et même polluer !).

Nous ne sommes plus dans des philosophies religieuses et/ou anthropocentristes, où on présente la « nature » et la « nature humaine » comme immuables. Les technosciences modifient déjà, et le feront de plus en plus, l’environnement humain et l’être humain lui-même. Il faut bien observer cependant qu’elles ne bénéficient qu’à une minorité de cette humanité.

Il nous faut continuer à placer l’humain au centre de nos préoccupations, et ne pas opposer individu contre individu, nation contre nation, riches contre pauvres. Il nous faut continuer à prôner la solidarité et non une compétitivité sans limites, ou une société uniquement marchande recherchant un profit illimité. Il nous faut affronter cette réalité technoscientifique, et la placer dans un contexte bioéthique plus général ainsi que dans une philosophie de liberté, d’autonomie et de solidarité. La solidarité doit s’opposer à un égoïsme superficiel.

Les citoyens sont devenus critiques, ils peuvent être souvent individualistes, mais ils espèrent en même temps construire un monde meilleur et rêver au progrès de l’humanité. L’individualisme n’exclut pas le souci du collectif: ainsi, se développe de plus en plus le souci des générations futures et du développement durable. L’individualisme dans nos sociétés n’est donc pas contradictoire à des réflexions collectives, à un sentiment humanitaire, et à une politique humaniste globale en dehors du capital mondialisé.

L’internationalisation du capital connaît ces dernières années une accélération sans précédent agissant comme un moteur de globalisation. Cette globalisation est une épée à double tranchant. Elle présente des aspects positifs comme une conscience planétaire, une solidarité accrue (potentiellement en tous les cas), une citoyenneté mondiale, une sensibilité aux droits de l’Homme, une communication globalement accélérée. Est globalisé aussi le développement de normes internationales (droit du travail, droits de l’Homme) et même la création d’une cour pénale internationale.

Mais, inversement, la même globalisation s’avère négative, puisque liée à une inégalité croissante entre nations et entre individus au sein de chaque nation, à un colonialisme organisé par des multinationales, à une homogénéisation culturelle (américanisation), à une marchandisation de tous les aspects de la vie, y compris de l’éducation, de la santé et de la culture.

Il est difficilement concevable que l’on continue la politique actuelle de globalisation dans un chaos grandissant d’exclusion sociale, de violence, de dégradation de l’environnement, de sous-développement culturel et politique, dans une situation qui n’est pas seulement immorale mais inhumaine. Les populations contraintes de vivre dans des conditions déplorables (selon la Banque Mondiale en 2000, 24% de la population mondiale vit avec moins d’un $ par jour, 44 % en Asie du Sud et 46 % en Afrique subsaharienne), privées aujourd’hui de tout ce qu’elles savent, par l’ouverture du monde, exister ailleurs, ne resteront pas toujours sans protester.

Osons l’humanisme en prenant nos distances par rapport aux idées dogmatiques, religieuses ou financières et aux idéologies présentées comme incontestables. Osons refuser des attitudes uniquement liées aux milieux politico-financiers. Osons l’autonomie intellectuelle et l’échange des idées. Osons résister aux manipulations et aux fanatismes. Osons le doute et osons donc la liberté. Osons le savoir comme modèle éthique de libération de la pensée. Osons une résistance du coeur contre les puissances financières. Osons une fraternité altruiste, une pensée solidaire. Revendiquons une société technoscientifique démocratique, qui accepte des technologies mais qui respecte les principes démocratiques ainsi que ceux de liberté, d’égalité, de fraternité et de solidarité.

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